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Journal de bord de Jondo Kobran (part III)

Journal de bord – Cobra MkIII “Shui Shui”
3301.01.14 – Avalon (Noctilux)

J’ai quitté la Planête e’d Morris – comme on dit ici – à contrecoeur. Revoir les étoiles à travers une atmosphère est toujours une sensation étrange. J’imagine que ceux qui restent vivre dans les puits de gravité doivent se sentir aussi perdus lorsqu’ils sont dans l’espace. Ces boules de feu gigantesques, que je cotoie tous les jours, si fabuleusement mortelles, et rien pour me protéger de ces radiations à part quelques atomes gazeux errant dans le vide autour d’un caillou lancé à pleine vitesse dans l’espace. Et la distance. Pourtant, les étoiles me paraissent si proches. On les aperçoit la nuit, on les voit simplement avec nos yeux, comme l’étoile de Cegreeth, comme les lunes, comme les stations orbitales. Ce n’est qu’une question de distance et de temps. Je me rends compte de la chance qui m’est donnée de les voir d’encore plus près.

J’ai troqué de nouveau mes tongues et mon short contre ma combinaison spatiale et je suis reparti après de longues embrassades. Ma mère m’a mise en garde et m’a prié de ne pas prendre froid. Et quand bien même je lui parle des extrèmes de température que j’ai pu rencontrer dans mes périples, c’est toujours la même rengaine. J’imagine que ça n’a pas changé depuis 3000 ans.

Sans but précis, j’ai effectué quelques échanges Béryllium contre Esclaves Impériales entre Idung Yin et Eseasa. J’aime beaucoup transporter des esclaves impériaux. Ils sont propres, polis, bien éduqués et dociles. Souvent, j’en sors deux ou trois du caisson de transport pour me tenir compagnie pendant le voyage et discuter. Pour ce voyage, j’en ai sorti deux – totalement au hasard : Maissa, une belle brune à l’air mutine et Oryel, une sculpturale blonde. Et on a discuté, discuté et discuté … A en faire de la buée sur les vitres. Je ne suis pas sûr que les clients approuveraient mais il suffit qu’ils ne l’apprennent jamais. Dans le doute, je file des stations avant qu’ils déballent les paquets. C’est l’équivalent de la fuite discrête avant le petit déjeuner au petit matin. Non vraiment, j’aime beaucoup transporter les esclaves impériaux.

Tout en joignant l’utile à l’agréable, j’ai pu amasser un pécule suffisant pour abandonner ma pétrolette et passer à un vaisseau plus polyvalent. Direction Avalon.

J’y ai dégotté un Cobra MkIII de seconde main, sentant le riz et la volaille au curry. Ce qui me rappela immédiatement Bu Yang, une magnifique demoiselle d’Idung Yin avec une énorme … effacer effacer effacer … envie de discuter. Le vaisseau était en bon état, l’équipement plus que sommaire mais je n’ai pas assez de crédits pour m’offrir mieux pour l’instant. Il s’appelle le Shui Shui … Il faudra que je demande ce que ça peut bien vouloir dire.

Vivement que j’en discute !

Journal de bord – Cobra MkIII “Shui Shui”
3301.01.18 – Sifjar (Herschel Landing)

Cette odeur va me rendre fou. Il doit y avoir de la sauce épicée qui a coulé derrière une cloison, ou un frigo de contrebande rempli de poulets, je ne l’ai toujours pas trouvé.

Je suis parti à la recherche de quelques routes commerciales pas trop emmerdantes pour gagner de quoi améliorer mon Cobra qui ne saute qu’à 10ly. J’en ai trouvé une excellente : Siddha – CD-37 641. Du minerai (Beryllium ou Indium) contre des Esclaves Impériaux. Aaaah ces esclaves … Je ne m’en lasserai jamais. Je suis tombée sur quelques unes qui pourraient dépuceler quelqu’un d’un simple regard. Et elles sentent si bons ! Et on dit que l’argent n’a pas d’odeur … Bref, cette route est excellente. Un seul saut, un peu moins de 6ly, très économique en carburant. Les stations sont à moins de 50ls du soleil, très économique en temps. Pas de pirates, très économique en munitions. Bref, le trajet parfait. Ce n’est pas le meilleur rendement à la tonne, surtout à cause des esclaves mais ça reste une excellente route. A cela je peux rajouter les multiples missions entre ces deux systèmes voisins.

Dès mon premier million amassé (enfin!), je suis allé faire mes emplettes dans le système de Kured. J’ai presque hésité à passer au T6. Peut être plus tard. L’idéal serait de me payer un T6 en plus du Cobra. Le système Kured était en pleine guerre civile, ce qui s’est avéré très pratique pour tester mon nouveau matos. Mais j’ai vite rompu le combat après un engagement serré avec un Python.

Ma route m’a ensuite amené vers une route apparemment connue des pilotes de ma promotion : Gliese 868 – WW Piscis Austini, Palladium contre Cellules Souches. Autant vous dire que c’est quand même moins la fête que ma précédente rotation, même si on reste plus ou moins dans le domaine de la procréation. Trois sauts, une station lointaine, ça m’a vite saoulé. J’ai vite basculé sur WW Piscis Austini – Sifjar, Or contre Vêtements. Pareil, pas la grosse éclate. Mais seulement deux sauts et des stations proches.

En parlant de station … Arrivé sur Braun Station dans le système Gliese 868. Pas suffisamment de sous pour me payer l’assurance après mon refit du Cobra et l’achat d’une cargaison. Je suis à l’opposé du sas. Je longe la station sur sa longueur puis arrivé au dessus du sas, je plonge. On sous-estime toujours la vitesse de rotation des stations et la longueur de ces p… de petits porte-a-faux qui ne servent à rien !!! Bouclier mort, coque à 25%, cockpit brisé, plus que 3mn d’oxygène. Je ne savais plus où j’étais, et mon autodocking était HS. Le stress total et des images de Sidewinder plein la tête. Je parviens par je ne sais quel miracle à m’écarter de la station et la retrouver. Je file vers le sas? Ouf. Encore une fois ce n’est pas passé loin. Survivre à un Python et se faire fesser par une station, ça aurait été moche.

Toujours voir le bon côté des choses. Cette dépressurisation a fait partir l’odeur de curry. C’est déjà ça…

Journal de bord – Cobra MkIII “Shui Shui”
3301.01.22 – Siddha (Meuron Station)

Retour dans mon secteur. J’ai un compte à régler avec un certain général West. J’équipe le ShuiShui de trois multi-canons et d’un beam laser puissant, ce qui devrait faire peur en le lisant s’il n’y avait pas ce nom ridicule. Je dope mon bouclier et j’investis dans des cellules de rechargement. Je vérifie les équipements, j’établis mon plan de traque, j’enfile ma combinaison, je m’harnache dans le siège. Oh putain, ça va chier !

Je hurle d’excitation. Je gicle du pad comme un bouchon de champagne. Je sors de la station de Blauuw Orbital comme une balle, remonté comme un coucou. J’ai tellement hâte de montrer mon petit oiseau à ce vieux traitre. Les métaphores dans ma soute s’entrechoquent avec fracas. Je ris comme un dément, en agitant mes jambes. Je commence à baver et à me griffer les cuisses.

De toute évidence, je suis défoncé. L’effet secondaire de trop longs voyages de commerce qui favorisent l’oisiveté et la consommation d’oignonhead.

Et il valait mieux car sinon j’aurais remarqué que je n’avais monté que du classe F. C’est quand même monté léger pour descendre un Imperial Clipper agressif. Je finis quand même par le trouver (à moins que ce soit lui qui m’ait trouvé tant je devais faire de barouf sur les ondes). Et le combat s’engage. Le Beam Laser autoguidé descend régulièrement son bouclier, ce qui me permet de l’avoiner copieusement au multi-canon. Mais sa coque tient le choc et je dois redescendre son bouclier régulièrement. Je dois m’éloigner de temps en temps pour recharger le mien car je ne fais pas un pli face à son Beam Laser. Je me décide à viser ses thursters qui sont bien visibles. Le combat dure longtemps, je m’acccroche, je serre les dents, je transpire à grosses gouttes. Mes mains se crispent sur les manches. Le Clipper est moins maniable mais sa coque probablement militaire résiste à la pression de mes armes. Je ne lâche rien. 30, 20 puis 5%. Il est au bord de la rupture. Moi aussi. Boum. Il explose.

Je coupe tout et je reprends mes esprits. Les effets des narcotiques s’estompent. Le tableau de bord fait des étincelles, j’ai le masque sur le visage, me délivrant de l’oxygène. Un tout petit débris rentre dans le cockpit et flotte autour de moi. Il me reste 10% de coque.

Je mets le cap sur Meuron Station, calmement. Limite oxygène mais ça passe. Je suis dans un état second. J’atterris. Je descends de mon épave sous les yeux ébahis des services du spatioport. Je traverse les couloirs de la station vers le bureau de la Flotte Impériale pour y faire mon rapport. Je suis adoubé Ecuyer.

C’est con, je préférais le titre de Maitre.

Journal de bord – ASP Explorer “Eniyi Arkadas”
3301.01.25 – Beta Sculptoris (Fan Horizons)

Un deux un deux, richessssssse ssssssousssssous, crrrédit crrrrédit.

Ceci est la première entrée dans le journal de bord de l’Eniyi Arkadas. Pour une fois, j’ai acheté un vaisseau flambant neuf. Il y a même encore les films plastiques sur les consoles et les écrans. J’adore les enlever, il n’y a aucune autre sensation procurant un tel plaisir. A part peut être péter du papier bulle ou s’enlever les croûtes. Et cette odeur de neuf. Je suis sûr qu’il doit y avoir des dizaines de composés volatiles nocifs mais je m’en contrefous. Ce vaisseau est à moi, rien qu’à moi. C’est mon odeur qui va s’imprégner dans le tissu du siège, ce sont mes miettes qui vont traîner partout, ce sont mes dessins de pénis qui seront dessinés au doigt sur le givre du pare-brise (pare-débris ?). Je vais décider moi-même des soudures à faire pour ouvrir des compartiments à contrebande. Quel sentiment grisant !

Il y a encore quelques jours, je transportais des esclaves à bord du Cobra Shui Shui. Sur les ondes, j’ai entendu parler d’un commerce très lucratif dans le système de Beta Sculptoris. Je m’y suis rendu. Ce n’était pas très lucratif. C’était carrément du vol ! Je dirais même que c’était carrément cochon, obscène, scandaleux. Bref, c’était la ruée vers l’or. Ou plus exactement, la ruée vers les produits dopants. En quelques heures, j’ai pu acquérir un Type 6 d’occasion dont je me souviens à peine du nom. En quelques jours, j’ai été aux commandes de cet ASP équipé. J’ai fait tellement de rotations que j’en ai eu le tournis. C’était une orgie de crédits. Et je me suis même servi dans la cargaison pour la parcourir le plus longtemps possible.

Mais la période de grâce est bientôt finie. Une nouvelle ère commence : à moi la vie d’aventure à bord du Eniyi Arkadas. Je pense que j’en ai fini avec le commerce intensif. Bien entendu, je continuerai à faire des transactions d’opportunités mais je vais pouvoir vivre longtemps dans mon ASP. Il a tout ce que je demande.

Journal de bord – ASP Explorer “Eniyi Arkadas”
3301.01.27 – Siddha (Meuron Station)

J’ai quitté Beta Sculptoris avant la fin de l’âge d’or. Avant que cette horde de vaisseaux avides ne se retourne contre elle-même comme des crabes dans un panier. Sur le chemin du retour vers Siddha, j’en ai profité pour explorer le domaine de vol de l’Eniyi Arkadas. Cargo et fuel scooping, chasse au bounty, appontage manuel, mode silence, assistance off. L’ASP est une belle bête. Et cette distance de saut va me permettre d’avoir le bras assez long pour distribuer des baffes à 25 AL à la ronde. Je décèle un léger désavantage en combat tournoyant face à des petits vaisseaux rapides comme le Cobra ou le Viper, qui devrait être compensé par l’autoguidage de mes armes. Je mise tout sur la puissance de feu. Je me suis même fait un petit plaisir : des missiles autoguidés. Ca c’est un petit sucre que je me suis offert. Il y a un truc jouissif avec les missiles, un machin indéfinissable qui les rendent bien plus amusants que des lasers.

A peine arrivé à Siddha, je me suis fait alpaguer par un officier de la Marine Impériale. Quatre pirates dans un système anarchique et désert pas loin d’ici. Quel meilleur moyen d’éprouver enfin l’Arkadas en combat réel. Arrivé dans l’un des deux systèmes où ils ont été repéré, force est de constater que désert est le mot. Une étoile, et que dalle. J’erre comme une âme en peine. Je tombe de temps en temps sur un spot. De vraies décharges sauvages. Des débris de vaisseaux, quelques caissons de déchets, au mieux des produits chimiques expérimentaux. Je prends, j’arriverai toujours à les vendre.

Soudain je repère un vaisseau dans le système. Je m’en app… Ah non c’est lui qui se rapproche. Il m’intercepte. Un Python ! Je romps le combat très rapidement. Extrêmement agressif, il tombe mes boucliers. Mes armes, elles, ne fonctionnent pas. Mon FSD est bloqué. Je prends des dégâts. Mes cellules d’énergie ne se déclenchent pas. C’est quoi ce bordel ?!? Mon train était sorti, sûrement la panique. Je reprends mes esprits et je saute vite fait. Mmmh, pas glorieux tout ça.

Je finis par tomber sur un pack de 5 pirates qui me hurlent dans les oreilles, déçus de ne voir que des déchets organiques. Je les traite de sombres déchets organiques eux aussi et j’engage le combat. J’en descends trois avant que les deux autres se carapatent sans demander leur reste. Je les piste dans le système. Coucou me revoilà les gars. Et j’éparpille ces déchets humains. Mission accomplie.

Je rentre à Siddha. Direction le bureau de la Marine Impériale. Me voilà Chevalier ! Chevalier Jondo Kobran. C’est sûr qu’au bar, ça pose l’homme. “Et pour le Chevalier ce sera ?” – “Une bière brave homme”. Oh oh oh trop bon. Je me pavane dans la station. Une cape, ce serait pas mal non ?

Je retourne au statioport. Direction le pad où les mécanos s’activent pour réparer mon ASP. Me voilà Ruiné. Chevalier Sans Terre Jondo Kobran. “Et pour le Chevalier ce sera ?” – “De l’eau s’il vous plait”. Ca va rigoler… Ma soirée va être longue…

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